Les étiquettes que les enseignants attribuent aux élèves peuvent parfois avoir des répercussions négatives sur notre parcours scolaire, mais est-ce vraiment le cas dans notre lycée ? À travers des témoignages, nous explorerons les perceptions des professeurs sur les étiquettes attribuées aux élèves, ainsi que les sentiments des élèves vis-à-vis de ces préjugés qui leur sont destinés.

Des étiquettes différentes selon les matières
« Les étiquettes n'ont pas de lien direct avec la réussite scolaire des élèves », telle est la conviction de ma professeure principale, qui est aussi notre professeure de français. Selon elle, un « élève étiqueté négativement peut changer, car on ne retiendra pas le pire ». Bien qu'elle reconnaisse ne pas catégoriser les élèves, elle admet qu'il lui arrive parfois de les identifier par leur principale qualité ou défaut (la bavarde, le dormeur, le paresseux) dans la salle des professeurs, sans intention de se moquer mais simplement pour rapidement identifier de qui on parle et mieux appréhender qui est l'élève. Elle souligne enfin que le comportement de l’élève en classe ne reflète pas nécessairement sa véritable nature de l'élève, car « tout ce qui se passe en classe représente qu’une partie ».
Passons maintenant à la perspective que partage mon professeur d'EPS. Ce dernier nous confie que les étiquettes sont différentes entre sa matière et les matières du tronc commun. Bien qu’il y voie des similitudes avec l'évaluation de l'implication et de la concentration des élèves, il constate aussi des différences dans la manière dont le corps en mouvement est évalué, avec des étiquettes telles que « mauvaise coordination » ou « pas sportif ». Et les élèves pratiquant un sport en dehors de l'établissement ne bénéficient pas toujours d’un système de bonus. Les points sont davantage donnés pour le travail accompli (entraîneur, arbitre, etc.). Il estime enfin que le sport peut réconcilier les « mauvais élèves » avec la scolarité, car la réussite dans en sport peut renforcer la confiance en soi de l’élève.

Le ressentie entre deux élèves ayant des étiquettes opposées
« Les professeurs attendent quelque chose de moi », « tant que j’ai la moyenne, je suis contente ». Ce qui différencie ces deux élèves ce sont leurs notes, malheureusement ou heureusement des étiquettes leurs ont été apposées. Prenons le ressenti de celle qui a l’étiquette de la « bonne élève ». Cette élève partage : « ce n'est pas une étiquette que j’ai voulue mais qu’on m'a donné grâce à mon travail ». Néanmoins selon elle, il existe des points négatifs car pour les professeurs, à chaque faux pas, elle « reçoit des remarques désobligeantes » ; « les profs pensent que je suis parfaite tout le temps ». Elle ajoute : « parfois j’ai l’impression que certains élèves peuvent rester avec moi ou se mettre à côté de moi que par intérêt ». Mais le point positif c’est qu’elle « ne reçoit pas de pression familiale pour conserver la première place ».
Dorénavant intéressons-nous à la perspective de la « mauvaise élève ». Cette élève nous confie qu’elle « s’en fiche de l’école » mais que parfois à cause de ces mauvaises notes elle peut se sentir « déçut » d’elle-même. Aussi elle nous partage que ses difficultés scolaires sont liées à son entourage surtout ses amis car ils sont d’une mauvaise influence. Mais elle admet « j’ai la flemme de travailler et je procrastine beaucoup. J’attends souvent la dernière minute pour me mettre au travail. Et bien sûr je me contente d‘avoir juste la moyenne ». Elle finit par dire « j’ai envie de m’améliorer mais j’ai la flemme. Moi aussi je veux rendre mes parents fiers en obtenant de bonnes notes .»