2024-2025
Histoire, parcours, scolarité...
Entre deux univers : Sabrina Sengouga et Megi Podja , des lycéennes d'origine étrangère ou étrangère font face au défi de la langue et à la découverte d'une nouvelle culture tout en préservant leur lien avec leurs origines. Les jeunes sont confrontés à des questions d'adaptation en raison de cet équilibre délicat entre deux identités. Entre les erreurs linguistiques commises en classe et le rôle d'intermédiaire culturel au sein de leur famille, ils sont entre deux réalités, créant ainsi une expérience singulière. Cet article examine leur vie quotidienne, entre combats et succès, et souligne leur rôle essentiel en tant qu'accompagnateurs, liant les générations et les cultures. Témoignages.

“J´ai 16 ans. Je suis en première générale et mes parents viennent d'Algérie, un pays musulman avec pour langue l’arabe. Je suis née en France, donc je maîtrise bien la langue française. Mais à la maison, on parle arabe en priorité. J'ai appris à comprendre et à le parler sans même m'en rendre compte. Mes parents vivent en France depuis 20 ans, mais ils ne maîtrisent pas totalement le français. Ma mère a pris des cours dans un établissement nommé GRETA mais c'est encore un peu compliqué pour elle parfois. Dans la famille, c'est souvent moi, mes sœurs et mes frères qui aidons pour toutes les tâche administrative c’est souvent difficile de gérer l’école plus des “papiers” mais mes sœurs m’aident beaucoup. Mes grands frères sont arrivés en France quand ils étaient très jeunes. Ils ont appris très vite le français. À l'école, ils n'ont pas eu besoin d'aide spéciale comme l’UPE2A. Ils me disent que "c'était simple et pas compliqué de s'adapter à la vie ici". Ils admettent que passer d'un pays à l'autre, ça change pas mal de choses, surtout au niveau culturel car il y a plusieurs éléments qui diffèrent de notre pays d'origine.
En conclusion, j’ai l’impression de vivre entre deux mondes. Je suis française, oui, mais j'ai aussi cette autre culture et origine à laquelle je suis vraiment attachée. Cette expérience m'a rendue plus autonome et forte dans ma vie de tous les jours.”
Témoignages Sabrina Sengouga

“Au départ, quitter leur culture et leurs traditions a été un défi pour ma mère et mon père Gjovalin, mais ce qui a rendu la situation encore plus difficile et pénible, c'était de devoir "laisser derrière" leur famille pour s'installer dans un pays étranger. J'ai trouvé cela très difficile, tout comme mes frères. Lorsque nous avons abandonné l'Albanie, nous n'étions pas sûrs de notre destination. Tout ce que nous désirions, c'était trouver un pays qui nous accepterait malgré les défis que nous avions à relever. La France nous a chaleureusement accueillis. Il est vrai que nous avions laissé notre pays derrière nous pour venir en France. Je me souviens que le trajet était particulièrement fatigant et difficile, d'autant plus avec nous trois - des enfants âgés de 7 ans à 11 ans -, qui ne réalisaient pas encore la destination finale, ni le but de notre voyage, et l'endroit où se trouvait notre famille en Albanie. Nous avons dû traverser plusieurs pays avant d'être enfin en France. On ne connaissait personne pour nous aider. C'est le 2 novembre 2016 que nous avons enfin atteint la France. Nous sommes allés au forum des réfugiés à Lyon. Il a également fallu que nous gérions les papiers. L'organisation des papiers est très stressante puisque nous ne parlions pas français, mais ma mère, heureusement, savait parler italien et anglais. Pendant un mois, nous avons été contraints de rester à la rue, en attendant qu'ils nous contactent. Et puis un jour, ils nous ont contacté et annoncé qu’ils avaient trouvé un logement pour nous. Nous étions heureux, mais il persistait en nous une forme d'anxiété : et si on nous renvoyait en Albanie après ce long périple ? Après avoir reçu nos papiers français, nous étions tenus de respecter les lois et la culture locale, ce qui impliquait de commencer par maîtriser la langue."
En conclusion j'ai eu vraiment du mal à m’intégrer à cette nouvelle vie, mais aujourd'hui je suis vraiment heureuse d'avoir eu cette opportunité de découvrir une nouvelle culture. Cependant je n’oublierais jamais mes racines.
Témoignages Megi Podja