50 nuances de vie de lycéens entre banlieue et centre-ville.

En 2024, les lycéens se posent la question de savoir si leur lieu de vie, banlieue ou centre-ville, peut avoir une influence sur la façon dont on les perçoit.
Les stéréotypes rendent-ils la vie dure ?

Grâce aux récits de lycéens sur leur lieu d'habitation, il nous est possible de saisir leur vécu et leur perception. Il est généralement reconnu que les jeunes des banlieues connaissent des difficultés supplémentaires dans leur vie quotidienne par rapport à ceux qui habitent en centre-ville. Sur la base de témoignages recueillis, il a été observé que les stéréotypes peuvent être perçus par certains lycéens dans diverses situations. Lorsqu'une personne indique qu'elle est issue d'une banlieue, cela suscite diverses questions : “T’habites vraiment là-bas ? ”, “Mais tu n’as pas peur ? ”, “C’est pourtant très dangereux, là-bas il y a des voyous.” (Réplique citée par une camarade) Il semble que ces questions soient formulées sous la forme d'affirmations par certains individus, laissant ainsi transparaître une étiquette marquée à l'égard de ces habitats. Nous pouvons nous demander alors si les lycéens font l'objet d'un traitement distinct selon leur lieu de vie. Une lycéenne, qui habite en banlieue et étudie dans un établissement du centre-ville, a attesté dans un témoignage que les écarts de traitement sont minimes et qu'ils ne devraient en aucun cas survenir au sein d'un cadre scolaire.

Paysage de banlieue: Vénissieux
© Naïla.S

Le lieu de résidence n'est pas toujours le lieu d'origine.

Par la suite, des témoignages ont été réunis auprès des lycéens résidents en centre-ville. Selon le point de vue de ces jeunes, les individus favorisés habitent le plus fréquemment au centre-ville, conduisant à des disparités entre ces deux types d'existence au sein de leur établissement scolaire. Une analyse approfondie des détails révèle souvent des écarts significatifs. Il est constaté, que le profil type des résidents du centre-ville est souvent associé à une certaine aisance financière, ce qui contraste avec la récente augmentation de la construction d’immeubles sociaux dans ce secteur. Selon les dires d'un étudiant de lycée habitant dans un logement social situé en centre-ville, il mentionne faire l'objet de préjugés lorsqu'il révèle l'emplacement de son domicile : « Eh ! Mais tu habites en centre-ville, t’es riche ! » (Réplique citée par un camarade de ce lycéen) Toutefois, dès que l'on apprend que son logement est fourni par les prestations sociales, il n'est plus associé à la richesse, mais plutôt à un style de vie modeste.

Paysage de centre-ville: Bellecour, Passerelle Saint Vincent de Lyon
© Céréna.R

In fine, nous pouvons constaté que peu importe d’où l'on vient, les stéréotypes seront toujours manifeste. Cela ne dépend donc pas du lieu de vie, mais de la vision que les gens portent dessus.